« Il ne voulait pas croire ce que ses yeux lui montraient ». Tiré du lit par Caulaincourt, Napoléon voit l’impensable : Moscou brûle. Pire, tous les rapports sont formels, ce sont des Russes qui mettent le feu. Un policier arrêté en pleine besogne le confirme : c’est sur ordre du comte Rostopchine, gouverneur de Moscou que les incendiaires agissent. « Tout avait été envisagé, tout avait été prévu, sauf cette folie. »

Abasourdi, l’Empereur tergiverse. Rester, partir ? Mais où ? Il fait des offres de paix au Tsar qui ne répond pas. Et le légendaire maréchal borgne, Koutousov, bat la campagne avec son armée. Il a été vaincu à la terrible bataille de la Moskova et veut sa revanche. Où que la Grande armée aille, il sera là.

Commence alors la Retraite de Russie. Dans d’indicibles souffrances, ces hommes venus de toute l’Europe, symboles d’un Empire qui ne s’en remettra pas, marchent, se battent ou s’enfuient, et surtout meurent. Ils sont harcelés par les cosaques, poursuivis par Koutousov, et c’est finalement le froid et la neige qui seront « pour cette immense armée un immense linceul » (V.Hugo).

Michel Bernard a superbement restitué cette tragique épopée. Des personnages secondaires apparaissent, dont les Mémoires ont inspiré l’auteur comme celle du fameux sergent Bourgogne. Les Maréchaux aussi sont là : D’Avout, le plus intelligent, Ney, le plus héroïque ou Murat à l’incurable stupidité. Une mention spéciale pour Caulaincourt qui avait supplié en vain Napoléon de ne pas commettre cette erreur.

On retrouve avec bonheur la verve de Michel Bernard qui s’était déjà brillamment manifestée avec Le bon Cœur et Le bon Sens, consacrés à Jeanne d’Arc.

Un très beau moment de littérature historique.

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