Résultat de recherche d'images pour

« Au commencement étaient les épices ». C’est ainsi que débute la biographie que Stefan Zweig a consacrée au premier navigateur à avoir réalisé le tour du monde. Dans les très brillantes premières pages du livre, l’auteur démontre la nécessité absolue pour le monde chrétien de trouver de nouvelles voies maritimes. Les épices sont en effet devenues indispensables aux tables européennes mais leur acheminement est dantesque tant par son coût que par sa durée, plus de deux ans. Ce sont les musulmans qui ont le monopole du transport, du trafic devrait-on dire tant les droits sont élevés.

Après des mois de navigation puis de traversées de déserts à dos de chameau, les épices arrivent enfin, deux ans après leur cueillette, à Venise, au Rialto, où les européens viennent s’approvisionner. Toute l’Europe se ruine à ce jeu-là, sauf Venise bien sûr. C’est d’autant plus intolérable que ces épices si chères ne sont pas rares et coûtent très peu au premier acheteur.

Il faut donc trouver le moyen de les transporter soi-même, par bateau. Mais pour cela il faut trouver la route des Indes, ouverture vers les épices. Christophe Colomb avait cru y être parvenu mais ce n’était pas le bon continent…

Magellan a son idée. Il est persuadé qu’une route est possible au sud des côtes brésiliennes, lui permettant d’atteindre les terres des épices et de revenir à son point de départ sans faire demi-tour.

Résultat de recherche d'images pour
Carte du voyage de Magellan

Résultat de recherche d'images pour

Le roi du Portugal, mal avisé, ne donne pas suite au projet de Magellan qui ira offrir ses services au concurrent espagnol. Le jeune Charles-Quint se laisse convaincre par ce marin sombre et taciturne qui a l’air si sûr de sa réussite et lui fournit une flotte. La plus grande épopée de l’histoire maritime commence.

Stefan Zweig n’a pas seulement brillé par ses romans et nouvelles mais aussi par ses biographies. Claires, accessibles, imagées, elles sont un régal, bien loin des pesantes sommes universitaires réservées aux spécialistes. Il faut cependant signaler quelques longueurs lors de la préparation de l’expédition, vite effacées lorsque l’escadre prend le large.

Le lecteur, qui peut commencer dès 15 ans, lira ce livre d’histoire comme un roman et ne regardera plus son poivrier de la même façon.

Résultat de recherche d'images pour