suitefrancaiseirenenemirovsky2004Ce roman devait être la grande oeuvre d’Irène Némirovsky. Elle l’écrivit en 1941-42, juste avant sa déportation et sa mort : l’action débute avec la débâcle de juin 40 et aurait dû se clore à la fin de la guerre.

Nous ne pouvons hélas  lire que les deux premières parties : « Tempête en juin » et « Dolce » qui s’achève en juin 1941 avec l’invasion de l’URSS.

Tempête en juin est une description par tableaux de personnages très divers qui, sur ordre ou par affolement, quittent Paris à l’approche des troupes allemandes et se jettent dans le désordre des routes. Lâchetés et héroïsmes se succèdent dans de magnifiques descriptions.

Avec Dolce, c’est l’occupation au jour le jour d’une petite ville française. Les officiers allemands sont courtois, commandent des soldats aimables et souriants envers une population qui hésite sur la conduite à tenir. Des sentiments troubles naissent entre un officier mélomane et une jeune bourgeoise. L’atmosphère de ce printemps 41 est ambigüe et on se laisse bercer par la douceur des soirées précédant l’orage. Tout s’arrête avec l’annonce du départ des troupes allemandes sur le front de l’Est.

Certes, nous ne connaîtrons pas la fin, mais ce livre posthume est  un très beau moment littéraire qu’il ne faut pas négliger. Après tout, Stendhal n’a jamais fini Lucien Leuwen et ceux qui l’ont lu n’ont pas perdu leur temps.

Disponible chez Albin Michel et en Folio