le-premier-hommeLe  4 janvier 1960, Camus meurt dans un accident de voiture. Dans sa sacoche, on retrouve un manuscrit inachevé qui, après un difficile travail de relecture, fut publié en 1994 par les Cahiers Albert Camus.

Pour ceux qui considèrent Camus comme un immense écrivain, ce sera une confirmation. Pour ceux qui , comme moi, sont restés dubitatifs devant l’Etranger ou L’Exil et le Royaume, ce sera une révélation. Pour tous, ce sera le regret d’un chef-d’oeuvre inachevé.

Un homme, qui ressemble beaucoup à Camus, cherche le passé de son père, en Algérie bien sûr et en France entre les tombes des morts de 1914.

Puis Camus revient sur son enfance à Alger : la vie est dure, le soleil implacable et la pauvreté omniprésente : « La misère est une forteresse sans pont-levis ». Mais il y a l’amitié, la mer, la chasse, le foot et la grand-mère, terrible, redoutée mais respectée. Elle apprend à l’enfant le travail et la dignité.

Et puis il y a l’école et M.Bernard qui doit convaincre la grand-mère de laisser l’enfant passer son certificat d’études et l’accompagnera dans ses révisions avec un dévouement de père. C’est lui, ce fameux M.Germain à qui Camus écrira après son Prix Nobel :  » Sans vous…rien de tout cela ne serait arrivé ».

Mais la guerre d’indépendance éclate. Camus, anticolonialiste mais amoureux de cette terre qu’il sait être sienne, est déchiré. On lit et relit cette scène extraordinaire du vieux colon à qui l’armée ordonne de quitter son exploitation et qui va arracher ses vignes pendant trois jours sans s’arrêter : « Puisque ce que nous avons fait ici est un crime il faut l’effacer ».

Enfin, et par dessus tout, il y a l’Algérie décrite avec tant d’amour et de talent que l’on croit respirer ses odeurs et voir ses couleurs. Ceux qui l’ont connue et ceux qui auraient aimé la connaître ne peuvent passer à côté de ce livre.

Disponible en Folio