« Quand il a ouvert la porte, il flottait encore dans l’air les pestilences des linges souillés et des chairs putréfiées. Hugues s’est mis à tousser et s’est frotté les yeux, surpris par la lumière à laquelle il n’était plus habitué. L’Homme vert s’est approché dans sa cape couleur des bois qui couvrait son vêtement. Il portait un linge noué autour de sa bouche. »

              Telles sont les premières lignes des Enfants de Notre-Dame. La peste fait rage à Paris en ce milieu du XIVe siècle. Agathe, devenue célèbre sous le nom d’Aurèle pour ses remarquables travaux d’enluminures, se meurt, atteinte par la terrible maladie qui décime la population. L’Homme vert, médecin réputé, est venue pour tenter de la sauver s’il n’est pas trop tard. Ils se connaissent depuis longtemps, mais laissons le lecteur découvrir son identité au fil des pages.

              Ce premier chapitre est suivi d’un vaste retour en arrière qui commence par la chute d’Agathe dans la Seine. Les cris et l’agitation règnent en ce matin de printemps. Charrons, bateliers, déchargeurs, teinturiers travaillent et s’interpellent. Un teinturier de bleu, la couleur préférée du moment, lave ses tissus dans la fleuve et voit Agathe se noyer. Il bondit sur un bateau et la sauve.

              Qui est-elle ? Où la porter ? Hélix interroge l’attroupement et un jeune homme se présente : « Je la connais. Elle s’appelle Agathe. C’est la fille du boucher Baudry. » Éliézer conduit Hélix dans le quartier des bouchers, à deux pas de Notre-Dame. Hélix, dépose Agathe chez elle et n’oubliera plus ce beau visage.

              Il rêve en fabriquant son bleu. Une nuit, un inconnu vient le chercher : « Éliézer est gravement blessé. Il te réclame. » Hélix bondit et s’enfonce dans le dangereux Paris de la nuit, celui des bas-fonds, des mendiants et des voleurs.

              D’autres personnages vont jouer un rôle dans ce roman où les rebondissements se succèdent : Hugues, le jeune frère d’Agathe, Aurore, la courtisane repentie, François, le fossoyeur du cimetière des Innocents, Aube, la petite fille d’Agathe.

              C’est elle qui donne son titre au tome deux. Confiée loin de Paris pendant la peste, Agathe la cherche. Commence alors un long périple effectué avec les survivants de l’épidémie qui les mènera jusqu’à Jérusalem.

              Paule Amblard, historienne de l’art, a écrit plusieurs ouvrages spécialisés, notamment sut les tapisseries de l’Apocalypse. Aves Les Enfants de Notre-Dame et Aube de Jérusalem, elle se lance dans le roman historique. Parfaitement documentés, les deux ouvrages se lisent facilement et nous apprenons beaucoup sur le Paris médiéval. Deux livres distrayants et instructifs.

Paule Amblard