Marie de Sainte-Hermine perdit ses parents prématurément et fut adoptée, ainsi que sa sœur ainée Geneviève, par leur oncle et tante, M. et Mme de Sérant. Cela se passait peu avant la Révolution. Leur fils, Arthur, s’était engagé dans l’armée royale, accompagné de son fidèle Jacques Bureau, le fils du fermier. Plus tard, ils combattront ensemble les bleus dans le bocage.
Le château des Sérant se situait au cœur du pays vendéen et la famille vécut la révolte des nobles et des paysans contre les « patauds » qui pourchassaient les prêtres et interdisaient la messe célébrées par les réfractaires. Un dimanche, les gendarmes amènent un prêtre jureur pour remplacer le titulaire qui ne veut pas prêter serment à la république. Les paroissiens refusent et le jureur ne pourra pas célébrer la messe. Les gendarmes reculent, le bain de sang n’est pas encore à l’ordre du jour.
Dans l’est, où il est en garnison, Arthur se prépare à accueillir le roi qui vient de fuir Paris. L’affaire échoue d’un rien, à Varennes, et Arthur arrivé au grand galop pour comprendre le retard du roi, ne peut qu’assister, désolé, à sa capture par une foule déchaînée. Il échappe de peu à la mort. Tout comme le 21 janvier 1793. Il est là, à Paris, participant à la conjuration du Baron de Batz pour empêcher l’exécution. Mais la police a infiltré les conjurés dont beaucoup sont massacrés, Arthur s’échappe.
L’exécution de Louis XVI foudroie les Vendéens mais c’est la levée en masse qui mit le feu aux poudres. Devenir soldat de la république et mourir pour elle, jamais !
La tragédie est en place et Marie de Sainte Hermine, sans s’intéresser de près aux mouvements stratégiques, se concentre sur le sort de la famille Sérant et de ses proches. Coups de main, fuites, regroupements, emprisonnements, l’auteur nous livre un récit palpitant et poignant de cette funeste année 1793. Rien ne sera épargné aux « brigands », comme les appellent les révolutionnaires, jusqu’aux terribles noyades de Nantes organisées par Carrier et sa clique. La guillotine fonctionne sans relâche, c’est ainsi qu’est née la république, il ne faut jamais l’oublier.
Que le lecteur ne s’inquiète pas si le début du livre semble un peu lent et naïf. C’est dans la tragédie épique que l’auteur trempe sa plus belle plume. Son talent est alors révélé et nous permet, avec elle, d’accompagner les héros et les martyrs de la Vendée.



Précisions : Notice de la Bibliothèque Nationale sur la première édition de ce livre : Jean Charruau. Une Famille de brigands en 1793, récit d’une aïeule [Mme Marie Rambure] Description matérielle : In-16, X-472 p. Édition : Paris : P. Téqui , 1902 Jésuite (1873). – Auteur de biographies, d’ouvrages sur l’éducation et la morale, de souvenirs. – Neveu d’Adolphe Charruau (1802-1869), médecin.. Autres formes du nom Un Père de la Compagnie de Jésus (1851-1915) Henriette Chambrun (1851-1915) Henriette Vernon (1851-1915) Marie Rambure (1851-1915) Marie de Sainte-Hermine (1851-1915)
J’aimeJ’aime