Terres de sang - Poche - Dido Sotiriou, Jeanne Roques-Tesson - Achat Livre  | fnac

Manolos Axiotis est un jeune paysan grec. Il vit en Turquie, en ce début de XXème siècle parmi cette très nombreuse et multimillénaire communauté grecque de l’Anatolie. La vie est rude mais gaie. Ces chrétiens vivent en bonne entente avec les Turcs qu’ils dominent économiquement et intellectuellement. Le village de Manolos se situe près d’Ephèse et les paysans grecs observent avec ironie mais fierté aussi ces rares touristes savants qui viennent étudier les ruines de la grande civilisation hellène.

Certes, les autorités turques ne sont pas toujours faciles et il faut graisser la patte des potentats locaux pour pouvoir travailler sans risquer un mauvais sort.

Manolos a le sens du commerce et son père l’envoie à Smyrne (l’actuelle Izmir) pour apprendre un métier. Il en fera plusieurs et découvrira cette ville unique, grecque en terre turque. Les habitants sont heureux, ignorant du sort terrible qui les attend.

La première guerre mondiale éclate et commence le grand malheur. La mobilisation est décrétée mais tous ces jeunes n’ont aucune envie de servir ce régime musulman qu’ils n’aiment pas. Les déserteurs sont nombreux et la gendarmerie turque les traquent impitoyablement. Manolos part et connaîtra de rudes aventures, côtoyant souvent le pire.

Les Turcs sont finalement vaincus par les alliés. Les troupes grecques débarquent alors à Smyrne pour que l’Anatolie revienne à la mère patrie. Mais Mustapha Kemal réveille le peuple turc et, abandonnés par les alliés, les Grecs seront vaincus et leur terre deviendra pour eux une terre de sang.

Izmir - Smyrne pendant l'occupation de la Grèce entre 15 Mai 1919 et 8  septembre 1922 - Carte postale ancienne et vue d'Hier et Aujourd'hui -  Geneanet

Cet épisode tragique de l’histoire grecque est peu connu en France. En Grèce il est si douloureux qu’il est appelé La Grande catastrophe.

En faisant parler, sur un rythme très rapide, le jeune Manolos, l’auteur a choisi un mode narratif vivant, très concret. La lecture du roman en est rendue facile, un peu trop parfois et l’on regrette un peu qu’il n’y ait pas davantage de descriptions ou de réflexions plus littéraires.

Mais ce roman picaresque et tragique est passionnant et l’apocalypse finale poignante.

Les lecteurs intéressés par le sujet pourront aussi lire la chronique de ce blogue consacrée au merveilleux roman de Nikos Kazantsaki, Le Christ recrucifié.

Դիդո Սոտիրիու․ «Արնաշաղախ հողեր»․ հատված գրքից — ԵՐԵՎԱՆՅԱՆ ԷՍՔԻԶ

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