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Le comte Alexander Korvanyi est l’unique héritier des terres immenses et lointaines de la famille. Nous sommes à Vienne en 1833 et Alexander, fraîchement promu capitaine, ne songe guère à aller découvrir ses domaines perdus aux confins de l’Empire.
Il tombe amoureux de la jolie baronne Cara von Amprecht chez les parents de laquelle il est en séjour. Le sentiment est partagé mais Cara ne veut pas devenir une femme d’officier classique : »Je les ai vues en ville les pauvres, toujours en train de déménager d’une garnison à une forteresse, sur les routes d’un bout à l’autre de l’Empire ».

Mais Alexander est muté et, froidement, Cara lui dit adieu malgré son amour pour lui. Elle ne sera pas femme d’officier. Plusieurs mois après, les deux amoureux séparés se retrouvent à Vienne. Ils se voient comme si de rien n’était, leur amour est enfoui sous la neige de la capitale impériale. Un soir de beuverie (les officiers austro-hongrois ont trop de temps libre), un camarade d’Alexander parle de Cara en des termes peu amènes. L’amoureux bondit et réclame réparation à son camarade stupéfait. Alexander comprend que seule Cara compte. Il la demande en mariage et promet de quitter l’armée.

La belle dit oui et les jeunes mariés partent aux confins de l’Empire, en Transylvanie, prendre possession des domaines que la famille Korvanyi gère de loin, de trop loin.

Le château se révèle en mauvais état, le régisseur peu sûr et l’atmosphère hostile. Les serfs n’aiment pas les maîtres et ne s’aiment pas entre eux. Il y a les Valaques, méprisés par les Magyars moins nombreux et moins misérables, enfin les Tziganes dont tout le monde se méfie.

Un enfant valaque disparaît; on accuse les Tziganes bien sûr. Mais ensuite c’est au tour d’un enfant tzigane de manquer à l’appel. Cara pressent la présence de loups mais Alexander n’y croit pas et craint autre chose, un ennemi caché, insaisissable qu’il faut découvrir.

Les rebondissements sont multiples, l’ambiance lourde et inquiétante.

Un roman très réussi.