En 1902 à Coaltown, dans l’Illinois, John Ashley est jugé et condamné à mort pour le meurtre de son ami Breckenridge Lansing. Les seuls témoins du coup de feu sont les épouses de l’accusé et de la victime. Cinq jours plus tard, dans le train qui l’emmène vers son lieu d’exécution, un commando libère Ashley. Six hommes, « vêtus comme des garçons de wagon, le visage noirci au liège brûlé » avaient pénétré dans la voiture verrouillée et ligoté en douceur les soldats, sans un mot. Leur habileté, leur force, leur rapidité stupéfièrent la police chargée de l’enquête. John Ashley et le commando s’évanouirent dans la nature.
La police est perdue. L’évadé est très honorablement connu. Il est ingénieur pour la mine de charbon de la ville où, malgré son salaire modeste, il fait preuve d’une incroyable inventivité. Il n’a sûrement pas les moyens de payer un commando qu’il n’aurait de toute façon jamais trouvé. Lansing était son collègue et ami. Ils tiraient souvent ensemble le dimanche, notamment le jour du meurtre, car il y a bien eu meurtre.
Mais ce n’est pas Ashley le coupable. Cinq ans après les faits, le procureur annonce que des faits nouveaux ont été portés à sa connaissance et que John Ashley est innocent. Je ne gâche pas le plaisir du lecteur en révélant cela, car l’auteur nous le dit dès la première page.
Tout au long des 500 pages de ce livre, on se demande, bien sûr, qui a tué Lansing et quel est ce mystérieux commando. Mais ce n’est pas l’objet principal de ce superbe roman. Thornton Wilder veut nous emmener à la découverte successive des principaux protagonistes : que font-ils après le drame, que faisaient-ils avant et d’où viennent-ils familialement ?
Nous explorons ainsi le destin de la famille d’Ashley, qui doit se débrouiller seule, d’Ashley lui-même, après son évasion, de la famille de Lansing, avant et après la journée fatale. C’est tout à fait brillant et le lecteur est impressionné par une maîtrise littéraire peu commune.
Aux Etats-Unis, Thornton est considéré comme un des plus grands écrivains américains. Il eut plusieurs prix pour ses romans et ses pièces de théâtre mais il fut très critiqué par une certaine gauche qui lui reprochait de ne s’intéresser ni aux luttes sociales, ni à la critique du pouvoir à une époque où c’était nécessaire pour être considéré.
L’auteur s’intéresse aux êtres humains, à leurs ressorts psychologiques, religieux, intellectuels. Deux personnages se détachent, Ashley lui-même, et Eustacia, l’épouse de la victime. Mais les enfants des uns et des autres sont également étonnants.
Le Huitième Jour est un grand livre et il est temps que Thornton Wilder ait sa place en langue française parmi les grands écrivains américains.
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Belle et généreuse nouvelle année pour ce remarquable site qui nourrit si abondamment les esprits et les évasions.
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Signé : Olivier Aubourg
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Merci beaucoup !
Meilleurs vœux aux excellents lecteurs
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