En 1947, le pasteur Seddon vient, comme chaque année, passer quelques jours de vacances au bord de la mer chez le pasteur Bott. Ils sont amis, anglo-catholiques (une bizarrerie très anglaise) et se préparent à de longues parties d’échecs. Mais la déception est grande pour Seddon : Bott doit rédiger un sermon, pas de partie d’échecs possible aujourd’hui.

 Bott s’explique. C’est un sermon tout à fait exceptionnel. Quelques jours auparavant, un gigantesque morceau de falaise s’est effondré sur un hôtel, tuant une partie des occupants dont les corps n’ont pu être récupérés, ensevelis sous des tonnes de pierre. Il a recueilli les survivants, on découvrira à la fin du livre comment il y en eut. Ils ont parlé toute la nuit et raconté ce qui s’était passé dans l’hôtel les jours précédents. Bott aurait préféré ne pas entendre mais les survivants étaient sous le choc et avaient besoin de parler.

 A son tour, incapable de rédiger son sermon, il raconte à son ami.

Le festin, qui s’appela d’abord La fête lors de sa sortie, est une délicieuse et féroce peinture de mœurs. Une partie des pensionnaires de l’hôtel est parfaitement antipathique. Ils sont sept dans ce cas et représentent chacun un des sept péchés capitaux. Les autres sont plus ou moins vertueux, heureux ou malheureux, et tentent d’émerger ou de résister dans cette étrange ambiance. De tous les personnages, aucun ne laisse indifférent, chacun, bon ou mauvais, donne une partie de sa consistance à l’histoire.

 C’est un roman dont on a du mal à se détacher tant Margaret Kennedy a su peindre ses personnages. Le lecteur passera un excellent moment, en dépit d’une fin qui aurait mérité plus de force.

Margaret Kennedy

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