En 1915, la vie continue dans la modeste ferme des Maguern en Bretagne. Le père travaille dur, plus dur encore à cause de la guerre. Il faut compenser le départ de l’aîné des enfants au front et, par charité, travailler la terre des voisines qui n’ont plus d’hommes pour le faire.
Le second des enfants, Gildas, doit lui aussi partir bientôt comme soldat. Anna, la cousine recueillie depuis quelques années, n’a d’yeux que pour lui. Avant son départ, il faut qu’elle lui parle pour qu’il s’engage envers elle. Mais le jeune homme, tout en la regardant avec affection, se dérobe. Anna est consternée : une rivale ? Non, lui dit Gildas, il n’y a personne, juste une idée. Il ne la définit pas et Anna ne comprend pas.
Cette idée, c’est une voix entendue à 10 ans : « Tu seras mon prêtre ». Les années avaient passé et Gildas n’avait pris aucune décision. Est-ce une faute ? Est-il trop tard ? Il ne sait pas. Et c’est dans l’incertitude qu’il part pour le front.
Dernier roman écrit par René Bazin, Magnificat connut un grand succès et 50 000 exemplaires furent vendus en quelques mois. Avec le talent qui lui permit d’entrer à l’Académie française, l’écrivain catholique a voulu, un an avant sa mort, consacrer un livre à la vocation. La cardinal Pacelli, le futur Pie XII, lui écrira une lettre de remerciement.
Au-delà du sujet religieux, Bazin nous transporte dans cette Bretagne paysanne qu’il avait déjà si bien racontée dans La Terre qui meurt, chroniqué sur ce blogue. Les personnages comme les paysages sont magnifiquement restitués, sans oublier la mer, évoquée lors d’une escapade d’Anna à l’île aux Moines.
Couronnement de la vie et des 50 ouvrages de René Bazin, Magnificat en est l’émouvant et talentueux testament.
Vous pouvez acheter ce livre sur le site Livres en famille :
https://www.livresenfamille.fr/romans-francais-et-etrangers/6349-magnificat.html?ref=021589503


